Intérimaires : stop aux abus, faisons respecter nos droits
Annulations de missions, pression pour ne pas réclamer, droits bafoués : il est temps de dire non et de se défendre collectivement.
Annulations de missions : trop d’abus, trop de silence
Chaque jour, des intérimaires s’organisent, se rendent disponibles, refusent d’autres engagements, font garder leurs enfants, se préparent à aller travailler… pour apprendre quelques heures avant, ou même une fois sur place, que la mission est annulée.
Et trop souvent, on voudrait nous faire croire que c’est “comme ça”. Non.
Le tract le rappelle clairement : l’agence doit proposer une mission équivalente, avec les mêmes conditions de travail, le même salaire et une distance comparable. À défaut, l’intérimaire doit être payé.
Pourtant, sur le terrain, combien entendent encore :
- “On ne peut pas tout vous payer, vous n’avez pas travaillé”,
- “Si on vous indemnise, ça fait baisser nos salaires”,
- “Estimez-vous heureuse, on vous paye 2 heures et les frais” ?
Ce ne sont pas des arrangements. Ce ne sont pas des faveurs. Ce sont vos droits.
Ne rien laisser passer
Face à ces pratiques abusives, il faut se protéger et faire valoir ses droits :
- Demander à recevoir son contrat au plus tard la veille à 18h,
- Conserver SMS, captures d’écran, messages et preuves de la mission proposée et acceptée,
- Refuser le marchandage sur le dos des intérimaires,
- Ne pas céder aux menaces sur les futures missions.
Quand une mission est annulée au dernier moment, ce n’est pas à l’intérimaire d’assumer seul les conséquences d’une relation de travail déjà marquée par la précarité.
Stop aux discours culpabilisateurs. Stop aux intimidations. Stop aux pratiques abusives.
Accidents du travail : déclarez tout, sans exception
Autre point d’alerte majeur : les accidents du travail.
Le tract insiste sur un point essentiel : tout accident doit être déclaré correctement, y compris les presqu’accidents. Dans un contexte de pénurie de personnel et de surcharge, les intérimaires sont de plus en plus exposés.
En cas d’accident :
- notez tous les témoins,
- gardez une copie du CERFA,
- veillez à ce que la déclaration soit faite de manière complète et précise.
Pourquoi est-ce si important ? Parce qu’une contestation réussie par l’employeur ou l’agence, c’est moins de droits pour l’intérimaire blessé… et plus d’économies pour eux.
Sur ces questions, il ne faut jamais rester seul.
Chèques vacances du CSE : un droit social ne devrait pas être une course de vitesse
Le tract dénonce aussi la manière dont la vente des chèques vacances du CSE Select TT a été organisée : ouverture annoncée par mail, budget limité, prestations épuisées en quelques heures… et au final, de nombreux ayants droit exclus.
Un CSE n’a pas vocation à organiser une compétition entre salariés.
Les prestations sociales doivent être accessibles à tous, dans le respect du principe d’égalité. Un droit social ne devrait jamais dépendre de la rapidité avec laquelle on ouvre sa boîte mail.
La CGT demande une distribution équitable et appelle les salariés lésés à ne pas laisser cette situation sans réponse.
CET et France Travail : attention aux mauvaises surprises
Le tract rappelle également un point trop souvent ignoré : lors du déblocage du Compte Épargne Temps, il faut demander à l’agence une attestation spécifique détaillant les IFM et les ICCP.
Sans ce document, le risque est réel : France Travail peut réclamer un trop-perçu et demander le remboursement d’une partie de l’allocation chômage.
Là encore, l’information fait la différence. Être vigilant, c’est aussi protéger ses droits et ses revenus.
Ne plus subir, s’organiser collectivement
Annulations de missions, pressions, accidents contestés, prestations sociales inéquitables, démarches mal encadrées : rien de tout cela n’est anodin.
À chaque fois, ce sont les mêmes mécanismes :
- vous faire taire,
- vous faire culpabiliser,
- vous faire renoncer à vos droits.
La réponse doit être collective.
S’informer, garder des preuves, déclarer, contester, se faire accompagner : c’est déjà résister.
Et avec la CGT Randstad, c’est aussi construire le rapport de force indispensable pour que les droits des intérimaires soient enfin respectés.
